mardi, 19 juin 2007
COUP DE COEUR POETIQUE (4) : JACQUES BREL
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mardi, 12 juin 2007
COUP DE COEUR POETIQUE (3) : CHARLES VAN LERBERGHE
De mon mystérieux voyage
Je ne t'ai gardé qu'une image,
Et qu'une chanson, les voici :
Je ne t'apporte pas de roses,
Car je n'ai pas touché aux choses
Elles aiment à vivre aussi.
Mais pour toi, de mes yeux ardents,
J'ai regardé dans l'air et l'onde,
Dans le feu clair et dans le vent,
Dans toutes les splendeurs du monde,
Afin d'apprendre à mieux te voir
Dans toutes les ombres du soir.
Afin d'apprendre à mieux t'entendre
J'ai mis l'oreille à tous les sons,
Ecouté toutes les chansons,
Tous les murmures, et la danse
De la clarté dans le silence.
Afin d'apprendre comme on touche
Ton sein qui frisonne ou ta bouche,
Comme en un rêve, j'ai posé
Sur l'eau qui brille, et la lumière,
Ma main légère, et mon baiser.
La chanson d'Eve
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mardi, 05 juin 2007
COUP DE COEUR POETIQUE (2) : ALPHONSE DE LAMARTINE

VERS SUR UN ALBUM
Le livre de la vie est le livre suprême
Qu'on ne peut ni fermer, ni rouvrir à son choix ;
Le passage attachant ne s'y lit pas deux fois,
Mais le feuillet fatal se tourne de lui-même ;
On voudrait revenir à la page où l'on aime
Et la page où l'on meurt est déjà sous vos doigts.
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dimanche, 27 mai 2007
COUP DE COEUR POETIQUE (1) : EMILE VERHAEREN
UN MATIN
Dès le matin, par mes grand'routes coutumières
Qui traversent champs et vergers,
Je suis parti clair et léger,
Le corps enveloppé de vent et de lumière.
Je vais, je ne sais où. Je vais, je suis heureux ;
C'est fête et joie en ma poitrine :
Que m'importent droits et doctrines,
Le caillou sonne et luit, sous mes talons poudreux.
Je marche avec l'orgueil d'aimer l'air et la terre
Et d'être immense et d'être fou
Et de mêler le monde et tout
A cet enivrement de vie élémentaire.
Oh les pas des voyageurs et clairs des anciens dieux !
Je m'enfouis dans l'herbe sombre
Où les chênes versent leurs ombres
Et je baise les fleurs sur leurs bouches de feu.
Les bras fluides et doux des rivières m'accueillent ;
Je me repose et je repars
Avec mon guide : le hasard,
Par des sentiers sous bois dont je mâche les feuilles.
Il me semble jusqu'à ce jour n'avoir vécu
Que pour mourir et non pour vivre :
Oh quels tombeaux creusent les livres
Et que de fronts armés y descendent vaincus !
Dites, est-il vrai qu'hier il existât des choses
Et que des yeux quotidiens
Aient regardé, avant les miens,
Les vignes s'empourprer et s'exalter les roses ?
Pour la première fois, je vois les vents vermeils
Briller dans la mer des branchages,
Mon âme humaine n'a point d'âge ;
Tout est jeune, tout est nouveau, sous le soleil.
J'aime mes bras, mes mains, mes épaules, mon torse
Et mes cheveux amples et blonds
Et je voudrais, par mes poumons,
Boire l'espace entier pour en gonfler ma force.
Oh ces marches à travers bois, plaines, fossés,
Où l'être chante et pleure et crie
Et se dépense avec furie
Et s'enivre de soi ainsi qu'un insensé !
Les Forces tumultueuses
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