mercredi, 27 juin 2007

MARC ARMAND RUFFER (1845-1917)

 

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Marc Armand Ruffer, médecin français natif de Lyon, étudia la médecine à Oxford puis à Londres. Le renom de Pasteur et de Metchnikoff, pionniers dans le domaine tout nouveau de la bactériologie, le fit venir à Paris. En expérimentant un sérum, Ruffer contracta la diphtérie. Gravement malade il regagna Londres où il fonda l'Institut Britannique de Médecine Préventive. Mais rapidement des symptômes de paralysie l'obligèrent à abandonner ses fonctions. C'est alors qu'il se rendit en Egypte en 1893 dont le climat passait pour particulièrement salutaire. Et en effet son état de santé s'améliora. Il devint titulaire de la chaire de bactériologie à la faculté du Caire puis directeur du Croissant Rouge.

Il fut l'un des premiers à pratiquer des autopsie sur des momies. En étudiant l'une d'entre elles il put reconnaître au microscope les signes de la variole. En 1909, lors d'une communication, il décrivit des oeufs de bilharzie présents dans les reins de deux momies contemporaines de la XXe dynastie (1250-1085 av. J.-C.), parasitose pouvant être qualifiée de véritable plaie de l'Egypte.

Il était également parvenu à détecter des staphylocoques, ainsi que le bacille de la peste.

Il identifia les lésions pulmonaires de la silicose, maladie dont on croyait qu'elle était la conséquence "moderne" du travail dans les mines.

En 1910, il effectua l'autopsie de la momie de Nesperenhep, prêtre d'Amon qui avait vécu en 1000 av. J.-C.. Outre des déformations spécifiques du rachis, il découvrit une cavité creusée par un abcès dans le muscle psoas, correspondant manifestement au mal de Pott, forme de tuberculose atteignant la colonne vertébrale. C'était la preuve irréfutable que cette affection exerçait déjà des ravages dans l'Egypte ancienne.

Il fut anobli. Il quitta l'Egypte en 1917 et mourut, lors du torpillage devant Salonique, du navire qui le transportait. 

Il est considéré comme le père de la paléopathologie.

vendredi, 15 juin 2007

PALEOPATHOLOGIE (2)

Le matériel d'étude en Paléopathologie  se résume à quelques éléments:

  • Squelette (os et dents)
  • corps momifiés
  • coprolithes
  • lithiases (calculs)

La finalité est de formuler un diagnostic rétrospectif :

  • par l'examen macroscopique des lésions
  • avec l'aide de techniques médicales (radiologie, histologie, sérologie, immunologie)

Ainsi peut-on étudier sur les corps momifiés :

  • les tissus et les micro-organismes (bactéries, virus, parasites) par microscopie optique et électronique
  • les groupes sanguins et tissulaires
  • l'ADN
  • la présence de substances toxiques (plomb, arsenic par exemple)

lundi, 28 mai 2007

PALEOPATHOLOGIE (1)

L'étude des maladies anciennes définit la Paléopathologie (du grec palaios "ancien", pathos "passion, manie, maladie" et logos "mot, explication, étude théorique). Ce terme fut créé en 1914 par un lyonnais Marc A. Ruffer lors d'études anatomo-pathologiques qu'il fit sur des momies égyptiennes. R.L. Moodie, en 1923, devait en élargir le champ d'étude englobant "not only the diseases on the mummified animals and human remains of Egypt, but those of prehistoric man and fossil vertebrates as well".

Les paléopathologistes se forment soit dans le cadre d'un enseignement médical d'anatomie pathologique ou de médecine légale, soit dans celui d'un enseignement de biologie spécialisée (paléoanthropologie). Comme ce fut le cas pour l'Egyptologie, la Paléopathologie a été créée par des chercheurs isolés qui ont développé méthodes et techniques et constitué progressivement une nouvelle branche scientifique.

Passant progressivement de l'étude de cas isolés particulièrement spectaculaires à l'investigation paléopathologique de masse, c'est à présent d'une analyse statistique des affections dont souffraient les populations dont il s'agit.

Cette étude se réalise par le biais des deux composantes de la paléopathologie :

  • l'ostéoarchéologie (étude paléodémographique et statistique de grandes séries d'ossements (les squelettes pouvant être considérés comme des archives biologiques témoignant du passé démographique, social et économique des populations anciennes)
  • la paléopathologie organique (autopsie et études pluridisciplinaires des momies)