dimanche, 20 mai 2007
SOURCES DE LA CONNAISSANCE MEDICALE DANS L'EGYPTE ANCIENNE
Les données sur l'état des connaissances médicales des égyptiens de l'Antiquité proviennent de quatre sources :
- Les papyrus dont le plus célèbre est celui qui porte le nom de son premier acquéreur Ebers
- Les ostraca, éclats de calcaire ou fragments de poterie sur lesquels un texte était inscrit ou un dessin était réalisé. Il en existe quelques-uns qui mentionnent des recettes pharmaceutiques (ordonnances ? aide-mémoire pour le médecin ?)
- Les momies dont l'examen, aidé aujourd'hui par les techniques médicales les plus modernes, est d'un apport irremplaçable pour l'étude des pathologies dont souffraient les égyptiens
- L'art égyptien : dessins, bas reliefs et statuettes représentant des individus présentant des affections.
PAPYRUS EBERS
MOMIE
BAS-RELIEF (sujet atteint de poliomyélite)
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mardi, 08 mai 2007
AKHENATON (Aménophis IV)
Lorsque l'on s'intéresse à l'Egyptologie, il est un Pharon qui très tôt attire. Il s'agit d'Akhénaton (XIVe siècle avant J.-C.)
- D'abord par les représentations que l'on a de lui. Sa morphologie très particulière ne laisse pas indifférent
- Ensuite par le bouleversement théologique qu'il engendre sous son règne, véritable révolution hérétique
REPRESENTATIONS DU PHARAON
Les représentations d'Akhénaton sont si étranges que les premiers voyageurs qui les virent crurent qu'il s'agissait d'une femme !
Ce Pharaon est représenté comme un homme jeune, longiligne, grand et à la morphologie gynoïde. Son visage a une mâchoire lourde, prognathe, des lèvres charnues, des pommettes saillantes, de grandes oreilles et des yeux allongés vers le haut. Son cou est long, ses épaules tombantes. Il a un abdomen saillant, des hanches larges, des cuisses grasses sans relief musculaire. Ses membres sont graciles, ses mains et ses pieds minces.
On s'est donc beaucoup interrogé, et celà continue, sur cet aspect tout à fait curieux.
De l'analyse des statues et des bas-reliefs le représentant, des médecins ont émis des hypothèses plus ou moins farfelues sur la pathologie dont Akhénaton aurait souffert. Sans entrer dans les détails, je citerai le syndrome de Marfan, la dystrophie adiposo-génitale ou syndrome de Babinski-Fröhlich, le syndrome de Klinfelter, la lipodystrophie de Baraquer-Simons et, enfin, l'acromégalie. Tout celà n'est que pures spéculations et seul l'examen médico-paléontologique de la momie aurait permis, peut-être de lever le voile. Or celle-ci n'a jamais été retrouvée.
Plus prudents certains égyptologues, ayant remarqué que d'autres personnages représentés à cette même époque présentaient des particularités morphologiques très proches, sinon identiques, ont émis l'hypothèse que celles-ci entraient dans le cadre d'un nouvel art, appelé art amarnien (du nom arabe Tell el-Amarna, nom de la ville où Akhénaton fit bâtir sa nouvelle capitale appelée de son vivant Akhétaton), sans aucune relation avec une quelconque pathologie.
Il parait impossible d'affirmer l'existence d'une maladie à partir d'une représentation artistique où se mêlent la convention, l'idéalisme, et une part de réalisme dont on ne peut apprécier l'importance.
REVOLUTION THEOLOGIQUE
Certains veulent encore, ou ont voulu considérer cette révolution (Aton seul Dieu, identifié au disque solaire) comme la première tentative de monothéisme.
- Première question : conviction personnelle du Pharaon ou stratagème pour réduire le pouvoir du clergé d'Amon, tout puissant ? Probablement les deux : une profonde croyance en ce Dieu, d'ailleurs présent depuis les temps les plus reculés sous le nom de Rê, le soleil, alimentée dès son jeune âge par son père Aménophis III qui l'avait déjà élevé au rang d'une divinité très importante. Mais également l'opportunité ainsi trouvée d'annihiler la puissance des hauts dignitaires religieux thébains.
- Deuxième question : première tentative de monothéisme dans l'histoire du monde avec en corrolaire une part dans le développement du monothéisme israélite ? Là encore on a tout lu et entendu sur le sujet. Dans "l'homme Moïse et la religion monothéiste", Sigmund Freud lui-même postula une filiation spirituelle directe entre Akhénaton et Moïse. La chronologie officielle de l'époque y invitait. Situant la jeunesse de Moïse au XIII ème siècle avant J.-C., Akénaton le précédait d'environ un siècle. Aton ne pouvait donc t-il pas être le prototype du Dieu d'Israël ? Selon Christian Cannuyer, Professeur à la faculté de Théologie de l'Université Catholique de Lille, le concept de monothéisme implique l'idée d'un Dieu unique et transcendant, entretenant avec les hommes un lien d'amour et personnel. Pour cet auteur la dimension "personnelle" de Dieu est indissociable de l'idée monothéiste. Aton est tout le contraire, Dieu "froid" qui ne s'exprime pas. En aucun cas il n'est un "je", une personne. Et si finalement, en allant au bout de cette démonstration, nous renversions l'hypothèse. Si Aton n'était pas un Dieu, mais simplement le soleil considéré comme le tout du tout, le principe, la source de l'Univers. Ne serait-on pas en fait devant la formulation du premier athéisme ?
Il y a donc un abîme entre le Dieu de l'Ancien Testament et celui d'Akhénaton. Toujours selon Christian Cannuyer, il faut résolument écarter l'idée d'une filiation quelconque entre le pseudomonothéisme amarnien et le monothéisme biblique. Par ailleurs le développement tardif de ce dernier (vers 750 av J.-C.), et qui n'a sans doute atteint son expression radicale qu'après l'exil à Babylone (VIe siècle av J.-C.) - époque où Akhénaton et Aton ont été complètement effacés des mémoires - est un argument très solide contre l'hypothèse popularisée par Freud.
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