mardi, 26 juin 2007

RELIGION EGYPTIENNE (3)

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Les Egyptiens regroupaient leurs dieux d'une double façon :

  • par famille à l'intérieur d'un même nome ou d'un sanctuaire : les triades
  • en de plus grands ensembles : les ennéades

La triade est une groupe immuable : père, mère, fils à l'image de la famille humaine. L'exemple le plus connu est la triade thébaine composée d'Amon, le dieu père, Mout la déesse mère et Khonsou le dieu enfant.

L'ennéade, ou groupe de neuf divinités, est destinée à rendre compte de la création et de l'organisation du monde. Il y a autant d'ennéades que de grands centres religieux. La plus ancienne est celle d'Héliopolis, centre du culte du Soleil sous ses différents aspects : Soleil-levant (Khepril), Soleil-de-midi (Rê), Soleil-couchant (Atoum). Ainsi l'ennéade héliopolitaine comprend : Atoum, le démiurge, ses enfants Shou (l'Atmosphère), associé à Tefnout (l'Humidité), qui procréent Geb (la Terre) et Nout (le Ciel) de qui sortent deux nouveaux couples Osiris-Isis et Seth-Nephtys.

mercredi, 20 juin 2007

LA STELE DITE " DU SONGE "

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Plus de mille ans après avoir été sculpté, le grand sphinx de Giza devient un dieu qu'on adore sous le nom d'Harmachis-Khépri-Ré-Atoum et pour lequel Amenophis II fait même bâtir un temple. Thoutmosis IV le fait désensabler et restaurer. Une stèle gravée entre ses pattes raconte en effet que lorsque Thoutmosis était encore jeune homme, endormi un midi à l'ombre du monument, il vit en songe son père le sphinx lui apparaître et lui promettre la royauté s'il le tirait des sables !

jeudi, 14 juin 2007

RELIGION EGYPTIENNE (2)

 

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Toutes les conceptions philosophiques et religieuses égyptiennes reposent sur Maât. Représentée matériellement par une déesse surmontée d'une plume d'autruche elle est le symbole de l'ordre universel. Cet ordre est précaire menacé en permanence par les forces du chaos. Ne pas obéir à Maât, ne pas suivre la tradition qu'elle représente, c'est mettre en danger l'équilibre du monde. C'est aussi risquer de remettre en question la régularité des phénomènes qui assurent la vie de l'Egypte : lever et coucher du soleil, crue du Nil.

 

jeudi, 07 juin 2007

GRANDE PYRAMIDE, petite statue

Si plusieurs rois de la IVe dynastie (Chephren, Redjedef, Mykérinos) ont laissé de nombreuses statues à leur effigie, les hasards de la recherche archéologique ont fait que, pour l'instant, seule une minuscule statuette du roi Chéops de 9 cm de haut nous est parvenue. Il s'agit d'une figurine en ivoire retrouvée à Abydos en 1903. Une bien petite statue pour le commanditaire de la plus grande pyramide.

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 Dans quelle bande dessinée observe-t-on cette statue ? 

dimanche, 03 juin 2007

RELIGION EGYPTIENNE (1)

Si l'Egypte ancienne exerce toujours un tel pouvoir de fascination elle le doit surtout à sa religion : ses dieux et ses rites funéraires dont le détail n'a pas fini d'alimenter nos rêves.

Avant tout, un des traits caractéristiques de la religion égyptienne est son aspect "local", hérité de la préhistoire. Il y a autant de dieux principaux que de provinces, appelées nomes. Il y a donc 42 dieux principaux accompagnés de leur épouse ou de leur époux et d'un dieu enfant, soit 126 divinités au moins pour l'ensemble, auxquelles il faut ajouter les dieux et déesses adorés dans les sanctuaires autres que celui de la capitale du nome.

Ce polythéisme de base se doit bien entendu d'être corrigé : un même dieu peut être adoré dans plusieurs nomes, mais alors avec une appellation et parfois un aspect différents ; ou encore les luttes ayant précédé l'unification de l'Egypte peuvent avoir eu pour conséquence que le dieux d'un nome vainqueur s'impose comme divinité principale du nome vaincu.

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jeudi, 31 mai 2007

LA COURSE AU PILLAGE PAR LES OCCIDENTAUX

En 1843, Lepsius décida d'aller à Karnak pour y découper la salle des Ancêtres afin de l'offrir au musée de Berlin. Croisant sur le Nil le bateau de Risse d'Avennes, pionnier français de l'Egyptologie, il fit part à ce dernier de son projet. D'Avennes se garda bien de lui dire que l'édifice en question était déjà en route pour la France et .. dans la cale, sous ses pieds !

mercredi, 30 mai 2007

VIVANT DENON L'INFATIGABLE

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A plus de 50 ans, cet ancien diplomate, curieux de tout, antiquaire, artiste et graveur de talent, accompagnera Bonaparte en Egypte, parcourant le sud avec les troupes du général Desaix.

Au péril de sa vie, passant du fusil au crayon, il dessinera un nombre fabuleux d'édifices.

Il publiera en 1802 le récit de son périple intitulé " Le Voyage dans la Basse et Haute Egypte", agrémenté de 141 planches détaillés.

En 1804 il sera nommé directeur général des musées : c'est lui qui créera le musée Napoléon devenu le musée du Louvre.

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samedi, 26 mai 2007

LA MOMIFICATION : REVE D'ETERNITE

Chez les anciens Égyptiens (et d'autres peuples), le souci que le corps puisse continuer à vivre dans la tombe et que les principes immatériels de sa personnalité puissent trouver en lui un support permanent a donné naissance à la momification.

Pratiquée dès 2700 avant J.-C., réservée d'abord au roi et à ses proches, elle s'étendra à toute la population, restant à l'honneur jusqu'au Ve siècle de notre ère.

L'historien grec Herodote a décrit avec une grande précision le procédé de momification tel qu'on le pratiquait à son époque (Ve siècle avant J.-C.). Il précise d'ailleurs qu'il existait plusieurs modes d'embaumement selon la dépense engagée.

Les rites de la momification sont à la fois matériels et magiques.

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Anubis préparant la momie
  • UN RITE MATERIEL

Le processus de momification durait 70 jours pour des raisons religieuses (en rapport avec l'étoile Sirius).

Des prêtres spécialisés enlevaient les viscères les plus soumis à la putréfaction post-mortem : le cerveau par voie narinaire (trans-sphénoïdale) ; les poumons, le foie, l'estomac et les intestins par une incision abdominale latérale gauche à l'aide d'un couteau de pierre. Les reins étaient laissés en place ; le coeur également jusqu'au début du Nouvel Empire. A partir de cette époque celui-ci fut également retiré.

La cavité thoraco-abdominale est ensuite rituellement nettoyée et purifiée. On recouvrait alors le corps de natron solide pendant quarante jours (dessiccation artificielle). Puis il était lavé. Les cavités étaient alors remplis de résine et de tissu contenant des aromates. Les viscères lavés au vin de palme étaient placés dans quatre vases, les canopes dont les couvercles représentent une tête de singe , de chien et de faucon, un seul restant anthropomorphe : ce sont les quatre enfants d'Horus. Ces vases étaient enfermés dans un coffre et placés près du cercueil.

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Canopes

Le corps, oint d'huile parfumée et frotté de myrrhe était alors enveloppé dans des bandelettes de lin imprégnées de gomme.

  • UN RITE MAGIQUE

La protection magique du corps était avant tout assurée par la récitation de formules religieuses. De plus étaient enfermées dans le réseau de bandelettes, en des points bien définis par le "Rituel de l'embaumement", des amulettes constituant avec les bijoux une véritable armure de protection magique.

dimanche, 20 mai 2007

SOURCES DE LA CONNAISSANCE MEDICALE DANS L'EGYPTE ANCIENNE

Les données sur l'état des connaissances médicales des égyptiens de l'Antiquité proviennent de quatre sources :

  • Les papyrus dont le plus célèbre est celui qui porte le nom de son premier acquéreur Ebers
  • Les ostraca, éclats de calcaire ou fragments de poterie sur lesquels un texte était inscrit ou un dessin était réalisé. Il en existe quelques-uns qui mentionnent des recettes pharmaceutiques (ordonnances ? aide-mémoire pour le médecin ?)
  • Les momies dont l'examen, aidé aujourd'hui par les techniques médicales les plus modernes, est d'un apport irremplaçable pour l'étude des pathologies dont souffraient les égyptiens
  • L'art égyptien : dessins, bas reliefs et statuettes représentant des individus présentant des affections.

                                                                                  

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                                   PAPYRUS EBERS     

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OSTRACON
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                                        MOMIE

 

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                     BAS-RELIEF (sujet atteint de poliomyélite)

mardi, 08 mai 2007

AKHENATON (Aménophis IV)

Lorsque l'on s'intéresse à l'Egyptologie, il est un Pharon qui très tôt attire. Il s'agit d'Akhénaton (XIVe siècle avant J.-C.)

  • D'abord par les représentations que l'on a de lui. Sa morphologie très particulière ne laisse pas indifférent
  • Ensuite par le bouleversement théologique qu'il engendre sous son règne, véritable révolution hérétique

REPRESENTATIONS DU PHARAON

Les représentations d'Akhénaton sont si étranges que les premiers voyageurs qui les virent crurent qu'il s'agissait d'une femme !

Ce Pharaon est représenté comme un homme jeune, longiligne, grand et à la morphologie gynoïde. Son visage a une mâchoire lourde, prognathe, des lèvres charnues, des pommettes saillantes, de grandes oreilles et des yeux allongés vers le haut. Son cou est long, ses épaules tombantes. Il a un abdomen saillant, des hanches larges, des cuisses grasses sans relief musculaire. Ses membres sont graciles, ses mains et ses pieds minces.

On s'est donc beaucoup interrogé, et celà continue, sur cet aspect tout à fait curieux.

De l'analyse des statues et des bas-reliefs le représentant, des médecins ont émis des hypothèses plus ou moins farfelues sur la pathologie dont Akhénaton aurait souffert. Sans entrer dans les détails, je citerai le syndrome de Marfan, la dystrophie adiposo-génitale ou syndrome de Babinski-Fröhlich, le syndrome de Klinfelter, la lipodystrophie de Baraquer-Simons et, enfin, l'acromégalie. Tout celà n'est que pures spéculations et seul l'examen médico-paléontologique de la momie aurait permis, peut-être de lever le voile. Or celle-ci n'a jamais été retrouvée.    

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Plus prudents certains égyptologues, ayant remarqué que d'autres personnages représentés à cette même époque présentaient des particularités morphologiques très proches, sinon identiques, ont émis l'hypothèse que celles-ci entraient dans le cadre d'un nouvel art, appelé art amarnien (du nom arabe Tell el-Amarna, nom de la ville où Akhénaton fit bâtir sa nouvelle capitale appelée de son vivant Akhétaton), sans aucune relation avec une quelconque pathologie.

Il parait impossible d'affirmer l'existence d'une maladie à partir d'une représentation artistique où se mêlent la convention, l'idéalisme, et une part de réalisme dont on ne peut apprécier l'importance.

REVOLUTION THEOLOGIQUE

Certains veulent encore, ou ont voulu considérer cette révolution (Aton seul Dieu, identifié au disque solaire) comme la première tentative de monothéisme.

  • Première question : conviction personnelle du Pharaon ou stratagème pour réduire le pouvoir du clergé d'Amon, tout puissant ? Probablement les deux : une profonde croyance en ce Dieu, d'ailleurs présent depuis les temps les plus reculés sous le nom de Rê, le soleil, alimentée dès son jeune âge par son père Aménophis III qui l'avait déjà élevé au rang d'une divinité très importante. Mais également l'opportunité ainsi trouvée d'annihiler la puissance des hauts dignitaires religieux thébains.
  • Deuxième question : première tentative de monothéisme dans l'histoire du monde avec en corrolaire une part dans le développement du monothéisme israélite ? Là encore on a tout lu et entendu sur le sujet. Dans "l'homme Moïse et la religion monothéiste", Sigmund Freud lui-même postula une filiation spirituelle directe entre Akhénaton et Moïse. La chronologie officielle de l'époque y invitait. Situant la jeunesse de Moïse au XIII ème siècle avant J.-C., Akénaton le précédait d'environ un siècle. Aton ne pouvait donc t-il pas être le prototype du Dieu d'Israël ? Selon Christian Cannuyer, Professeur à la faculté de Théologie de l'Université Catholique de Lille, le concept de monothéisme implique l'idée d'un Dieu unique et transcendant, entretenant avec les hommes un lien d'amour et personnel. Pour cet auteur la dimension "personnelle" de Dieu est indissociable de l'idée monothéiste. Aton est tout le contraire, Dieu "froid" qui ne s'exprime pas. En aucun cas il n'est un "je", une personne. Et si finalement, en allant au bout de cette démonstration, nous renversions l'hypothèse. Si Aton n'était pas un Dieu, mais simplement le soleil considéré comme le tout du tout, le principe, la source de l'Univers. Ne serait-on pas en fait devant la formulation du premier athéisme ?

Il y a donc un abîme entre le Dieu de l'Ancien Testament et celui d'Akhénaton. Toujours selon Christian Cannuyer, il faut résolument écarter l'idée d'une filiation quelconque entre le pseudomonothéisme amarnien et le monothéisme biblique. Par ailleurs le développement tardif de ce dernier (vers 750 av J.-C.), et qui n'a sans doute atteint son expression radicale qu'après l'exil à Babylone (VIe siècle av J.-C.) - époque où Akhénaton et Aton ont été complètement effacés des mémoires - est un argument très solide contre l'hypothèse popularisée par Freud.