mercredi, 27 juin 2007
AVA GARDNER : SUBLIME
Altière et indomptée elle reste dans toutes les mémoires comme une femme rebelle et magnifique. Brune aux yeux bleu-vert, pommettes saillantes et fossette mutine, elle impose une élégance instinctive dénuée d'artifice et une aptitude évidente à capter les regards et la lumière. Elle marquera de son empreinte trois films clés : Pandora, Mogambo et La Comtesse aux pieds nus. Temps de la consécration dans La Croisée des destins et dans Le Soleil se lève aussi d'après l'oeuvre de son fidèle ami Ernest Hemingway, c'est aussi l'échec de son troisième mariage avec Franck Sinatra, le grand amour de sa vie. Tombée sous le charme de l'Espagne elle s'y installera en 1955. Ne s'épanouissant vraiment que la nuit, s'enivrant de danse, d'alcool et de passades, semblant trouver un exutoire dans toutes sortes d'excès, elle met un terme à son contrat avec la MGM. Elle sera rattrapée par quelques beaux rôles dans Le Dernier Rivage, Les 55 jours de Pékin et La Nuit de l'iguane. A la fin de sa vie, recluse dans sa demeure londonienne, elle terminera ses mémoires en avouant : "la vérité, c'est que j'ai toujours été heureuse de vivre. Et je me suis bien amusée... Georges Cukor est l'homme qui a dit la plus jolie chose à mon sujet : "Ava, c'est un monsieur," Un monsieur, j'aime bien celà."
Et Ernest Hemingway dira d'elle : "Ava restera toujours superlativement femme, avec tous ses caprices, sa perversité et son mystère. Ava, il faut l'accepter tout entière ou la rejeter".
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dimanche, 17 juin 2007
LANA TURNER : Blonde fatale
Marquée par une enfance errante au coeur de la dépression des années 30 et l'assassinat de son père, la petite Julia Turner se forge un caractère volontaire en quête du bonheur immédiat. De brune dodue elle deviendra vamp blonde platine, se créant un physique sublimé par l'artifice vestimentaire qui tourne à l'obsession. Girl arriviste dans La Danseuse des Folies Ziegfeld, sulfureuse femme fatale dans Le Facteur sonne toujours deux fois, son mythe s'affirme avec la machiavélique Milady des Trois Mousquetaires puis avec Georgia dans Les Ensorcelés. Elle séduira encore en Diane de Poitiers, échec commercial qui met un terme à son contrat avec la MGM, excédée aussi par ses frasques et ses caprices.
On lui connaîtra de nombreuses liaisons dont Tyrone Power, son grand amour inassouvi. Elle se maria huit fois (deux fois avec le même homme). Piégée par un gigolo-escroc, Johnny Stompanato, qui la terrorise et menace de la défigurer, elle doit son salut à sa fille de 15 ans qui le poignarde.
Usée par la vie, sa quête incessante de l'amour et de l'homme idéal l'amènera finalement à Dieu. Vivant une retraite dorée, reconciliée avec elle-même et avec sa fille elle s'éteindra en 1995 laissant derrière elle des rêves et une image narcissique vidée de sa substance.
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lundi, 04 juin 2007
RITA HAYWORTH : Atomique Gilda
Danseuse comme ses parents, partenaire sur scène avec son père dès l'âge de 12 ans, auquel elle doit son origine espagnole, Margarita Carmen Cansino, née en 1918 à New York, entame une carrière cinématographique à la Fox en 1934. Insensible aux charmes de cette brune latine, Darryl Zanuck la fait renvoyer, pour le plus grand bonheur de Harry Cohn, le patron de la Columbia qui lui fait signer un contrat. Devenue rousse, ce qui participera à sa gloire et rebaptisée Rita Hayworth (nom de sa mère), elle percera bientôt dans Seuls les anges ont des ailes de Howard Hawks, Un dimanche après-midi de Raoul Walsh et Arènes sanglantes de Rouben Mamoulian, aux côtés de Tyrone Power. Puis elle dansera remarquablement avec Fred Astaire et Gene Kelly. Elle deviendra l'idole des GI, devenant le sex symbol le plus explosif du siècle (son image ornera la bombe atomique lançée sur l'atoll de Bikini). Elle entrera dans la légende avec Gilda de Charles Vidor, point culminant de sa popularité, s'imposant par ce rôle comme la vedette sensuelle par exellence des années 40 ("la déesse de l'amour"), notamment dans la scène où elle retire ses longs gants, fuselée dans une robe de satin noir et susurrant un enivrant "Put the Blame on Mame, boys", que l'on pourrait traduire par "C'est la faute de ma mère, les gars". En 1943 elle épousera le surdoué Orson Welles, mariage qui fera long feu, n'empéchant pas ce génie de confier à son ex-épouse, en 1948, l'un de ses plus beaux rôles dans La Dame de Shangaï, blonde aux cheveux courts et maléfique à souhait. Puis vient une nouvelle déception sentimentale avec le prince Ali Khan. Au chapitre des succès n'émergeront plus guère que Salomé et La Belle du Pacifique. Elle s'éclipsera progressivement, bientôt atteinte par la maladie d'Alzheimer. Mais sa crinière étincelante et ses jambes interminables n'en finiront jamais de hanter la légende du Septième Art.
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vendredi, 01 juin 2007
GENE TIERNEY : Le fantasme incarné
Gene Eliza Tierney (1920-1991) est née à New York dans une famille riche qui l'enverra parfaire son éducation en Suisse. Son goût pour le théâtre la conduit à Broadway. Hollywood la remarque aussitôt. Elle débute dans un western de Fritz Lang. L'Ouest légendaire est sensible à cette beauté brune aux yeux verts. Josef von Stenberg donnera ensuite à son visage les mystères de l'Orient. Otto Preminger l'immortalisera dans l'inoubliable "Laura", un des plus beaux fleurons du film noir. "Péché Mortel" de John Stahl restera son rôle préféré, et lui vaudra une nomination aux oscars. Jospeh Mankiewicz après "Le chateau du dragon" lui proposera "L'aventure de Mme Muir". On la retouvera sous la direction de Preminger dans "Le mystérieux docteur Korvo" et dans "Mark Dixon Détective". Lorsque le cinéaste la fera tourner à nouveau dans "Tempête à Washington" l'actrice aura dompté ses démons intérieurs et trouvé l'équilibre grâce à son mariage avec le texan Howard Lee auquel elle dédiera son livre de souvenirs "Mademoiselle, vous devriez faire du cinéma" dans lequel elle ne cache rien de ses idylles malheureuses avec Tyrone Power, John F. Kennedy et Ali Khan, ni des ravages de la maladie mentale qui devait assombrir trois années de sa vie de 1956 à 1959. Elle restera la Madone de toute une génération de cinéphiles.
"Indiscutablement la plus femme de l'histoire du cinéma" Darryl F. Zanuck
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jeudi, 24 mai 2007
LE FILM NOIR
Difficile de définir le "film noir". La meilleure définition, il me semble, est la suivante. C'est un film que l'on pourrait comparer à une sorte de tableau noir où l'Amérique aurait inscrit ses maux pour s'en soulager. Car il constitue un style cinématographique entièrement américain, mettant en scène la violence, la mort ou les obsessions sexuelles. Les personnages aux prises avec un mal être existentiel, sont le plus souvent des privés fauchés, des vamps fatales et cyniques ou des truands sans envergure.
Il est d'ailleurs intéressant d'apprendre que le terme de "film noir" n'est d'abord utilisé qu'en France, inconnu des américains jusqu'à la fin des années soixante. Cette dénomination finira par traverser l'Atlantique, adoptée par les critiques américains.
La période faste du film noir se situe entre 1940 et 1960.
Citons quelques maîtres : Alfred Hitchcock, Fritz Lang, Raoul Walsh, Orson Welles, Samuel Fuller, John Huston, entre autres.
Enumérons quelques chefs-d'oeuvre : "Le grand sommeil", "Quand la ville dort", "La Dame de Shanghaï", "Règlement de compte", "Laura", "En marge de l'enquête", "Gilda", "Mark Dixon Detective", "Les Passagers de la pluie".
Terminons par quelques icônes : Humphrey Bogart, Robert Montgomery, James Cagney, Dana Andrews, Edward G. Robinson, Lauren Bacall, Marlène Dietrich, Ida Lupino, Grace Kelly, Gene Tierney, Lana Turner, Rita Hayworth.
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