jeudi, 31 mai 2007
LA COURSE AU PILLAGE PAR LES OCCIDENTAUX
En 1843, Lepsius décida d'aller à Karnak pour y découper la salle des Ancêtres afin de l'offrir au musée de Berlin. Croisant sur le Nil le bateau de Risse d'Avennes, pionnier français de l'Egyptologie, il fit part à ce dernier de son projet. D'Avennes se garda bien de lui dire que l'édifice en question était déjà en route pour la France et .. dans la cale, sous ses pieds !
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mercredi, 30 mai 2007
VIVANT DENON L'INFATIGABLE
A plus de 50 ans, cet ancien diplomate, curieux de tout, antiquaire, artiste et graveur de talent, accompagnera Bonaparte en Egypte, parcourant le sud avec les troupes du général Desaix.
Au péril de sa vie, passant du fusil au crayon, il dessinera un nombre fabuleux d'édifices.
Il publiera en 1802 le récit de son périple intitulé " Le Voyage dans la Basse et Haute Egypte", agrémenté de 141 planches détaillés.
En 1804 il sera nommé directeur général des musées : c'est lui qui créera le musée Napoléon devenu le musée du Louvre.
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mardi, 29 mai 2007
COUP DE COEUR MUSICAL (2) : SCORPIONS
Toujours considéré comme une des plus grande formation de hard rock du monde, les spectateurs sont au rendez-vous. Plus impressionnant encore la jeunesse actuelle semble s'intéresser à SCORPIONS.
En 1984 sortait l'album qui a fait connaître ce groupe au grand public : Love at First Sting. Il contient bien sûr des titres plutôt hard comme "Rock You Like a Hurricane" un des morceaux de hard rock les plus connus des années 1980, mais il dévoile également "Still Loving You", ballade emblématique de plus de 6 minutes, "responsable du plus grand baby boom depuis la seconde guerre mondiale" dira Matthias Jabs. "Still Loving You" connaît un immense succès, notamment en France où le single se vend à plus de 1,7 millions d'exemplaire. Autre heure de gloire avec la célèbre chanson "Wind of Change" écrite en l'honneur des changements politiques dans le monde (chute du bloc communiste et réunification de l'Allemagne), qui en 1991 atteint des sommets dans les charts et devient l'un des symboles de la chute du mur de Berlin.
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lundi, 28 mai 2007
PALEOPATHOLOGIE (1)
L'étude des maladies anciennes définit la Paléopathologie (du grec palaios "ancien", pathos "passion, manie, maladie" et logos "mot, explication, étude théorique). Ce terme fut créé en 1914 par un lyonnais Marc A. Ruffer lors d'études anatomo-pathologiques qu'il fit sur des momies égyptiennes. R.L. Moodie, en 1923, devait en élargir le champ d'étude englobant "not only the diseases on the mummified animals and human remains of Egypt, but those of prehistoric man and fossil vertebrates as well".
Les paléopathologistes se forment soit dans le cadre d'un enseignement médical d'anatomie pathologique ou de médecine légale, soit dans celui d'un enseignement de biologie spécialisée (paléoanthropologie). Comme ce fut le cas pour l'Egyptologie, la Paléopathologie a été créée par des chercheurs isolés qui ont développé méthodes et techniques et constitué progressivement une nouvelle branche scientifique.
Passant progressivement de l'étude de cas isolés particulièrement spectaculaires à l'investigation paléopathologique de masse, c'est à présent d'une analyse statistique des affections dont souffraient les populations dont il s'agit.
Cette étude se réalise par le biais des deux composantes de la paléopathologie :
- l'ostéoarchéologie (étude paléodémographique et statistique de grandes séries d'ossements (les squelettes pouvant être considérés comme des archives biologiques témoignant du passé démographique, social et économique des populations anciennes)
- la paléopathologie organique (autopsie et études pluridisciplinaires des momies)
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dimanche, 27 mai 2007
COUP DE COEUR POETIQUE (1) : EMILE VERHAEREN
UN MATIN
Dès le matin, par mes grand'routes coutumières
Qui traversent champs et vergers,
Je suis parti clair et léger,
Le corps enveloppé de vent et de lumière.
Je vais, je ne sais où. Je vais, je suis heureux ;
C'est fête et joie en ma poitrine :
Que m'importent droits et doctrines,
Le caillou sonne et luit, sous mes talons poudreux.
Je marche avec l'orgueil d'aimer l'air et la terre
Et d'être immense et d'être fou
Et de mêler le monde et tout
A cet enivrement de vie élémentaire.
Oh les pas des voyageurs et clairs des anciens dieux !
Je m'enfouis dans l'herbe sombre
Où les chênes versent leurs ombres
Et je baise les fleurs sur leurs bouches de feu.
Les bras fluides et doux des rivières m'accueillent ;
Je me repose et je repars
Avec mon guide : le hasard,
Par des sentiers sous bois dont je mâche les feuilles.
Il me semble jusqu'à ce jour n'avoir vécu
Que pour mourir et non pour vivre :
Oh quels tombeaux creusent les livres
Et que de fronts armés y descendent vaincus !
Dites, est-il vrai qu'hier il existât des choses
Et que des yeux quotidiens
Aient regardé, avant les miens,
Les vignes s'empourprer et s'exalter les roses ?
Pour la première fois, je vois les vents vermeils
Briller dans la mer des branchages,
Mon âme humaine n'a point d'âge ;
Tout est jeune, tout est nouveau, sous le soleil.
J'aime mes bras, mes mains, mes épaules, mon torse
Et mes cheveux amples et blonds
Et je voudrais, par mes poumons,
Boire l'espace entier pour en gonfler ma force.
Oh ces marches à travers bois, plaines, fossés,
Où l'être chante et pleure et crie
Et se dépense avec furie
Et s'enivre de soi ainsi qu'un insensé !
Les Forces tumultueuses
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samedi, 26 mai 2007
LA MOMIFICATION : REVE D'ETERNITE
Chez les anciens Égyptiens (et d'autres peuples), le souci que le corps puisse continuer à vivre dans la tombe et que les principes immatériels de sa personnalité puissent trouver en lui un support permanent a donné naissance à la momification.
Pratiquée dès 2700 avant J.-C., réservée d'abord au roi et à ses proches, elle s'étendra à toute la population, restant à l'honneur jusqu'au Ve siècle de notre ère.
L'historien grec Herodote a décrit avec une grande précision le procédé de momification tel qu'on le pratiquait à son époque (Ve siècle avant J.-C.). Il précise d'ailleurs qu'il existait plusieurs modes d'embaumement selon la dépense engagée.
Les rites de la momification sont à la fois matériels et magiques.
- UN RITE MATERIEL
Le processus de momification durait 70 jours pour des raisons religieuses (en rapport avec l'étoile Sirius).
Des prêtres spécialisés enlevaient les viscères les plus soumis à la putréfaction post-mortem : le cerveau par voie narinaire (trans-sphénoïdale) ; les poumons, le foie, l'estomac et les intestins par une incision abdominale latérale gauche à l'aide d'un couteau de pierre. Les reins étaient laissés en place ; le coeur également jusqu'au début du Nouvel Empire. A partir de cette époque celui-ci fut également retiré.
La cavité thoraco-abdominale est ensuite rituellement nettoyée et purifiée. On recouvrait alors le corps de natron solide pendant quarante jours (dessiccation artificielle). Puis il était lavé. Les cavités étaient alors remplis de résine et de tissu contenant des aromates. Les viscères lavés au vin de palme étaient placés dans quatre vases, les canopes dont les couvercles représentent une tête de singe , de chien et de faucon, un seul restant anthropomorphe : ce sont les quatre enfants d'Horus. Ces vases étaient enfermés dans un coffre et placés près du cercueil.

Le corps, oint d'huile parfumée et frotté de myrrhe était alors enveloppé dans des bandelettes de lin imprégnées de gomme.
- UN RITE MAGIQUE
La protection magique du corps était avant tout assurée par la récitation de formules religieuses. De plus étaient enfermées dans le réseau de bandelettes, en des points bien définis par le "Rituel de l'embaumement", des amulettes constituant avec les bijoux une véritable armure de protection magique.
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jeudi, 24 mai 2007
LE FILM NOIR
Difficile de définir le "film noir". La meilleure définition, il me semble, est la suivante. C'est un film que l'on pourrait comparer à une sorte de tableau noir où l'Amérique aurait inscrit ses maux pour s'en soulager. Car il constitue un style cinématographique entièrement américain, mettant en scène la violence, la mort ou les obsessions sexuelles. Les personnages aux prises avec un mal être existentiel, sont le plus souvent des privés fauchés, des vamps fatales et cyniques ou des truands sans envergure.
Il est d'ailleurs intéressant d'apprendre que le terme de "film noir" n'est d'abord utilisé qu'en France, inconnu des américains jusqu'à la fin des années soixante. Cette dénomination finira par traverser l'Atlantique, adoptée par les critiques américains.
La période faste du film noir se situe entre 1940 et 1960.
Citons quelques maîtres : Alfred Hitchcock, Fritz Lang, Raoul Walsh, Orson Welles, Samuel Fuller, John Huston, entre autres.
Enumérons quelques chefs-d'oeuvre : "Le grand sommeil", "Quand la ville dort", "La Dame de Shanghaï", "Règlement de compte", "Laura", "En marge de l'enquête", "Gilda", "Mark Dixon Detective", "Les Passagers de la pluie".
Terminons par quelques icônes : Humphrey Bogart, Robert Montgomery, James Cagney, Dana Andrews, Edward G. Robinson, Lauren Bacall, Marlène Dietrich, Ida Lupino, Grace Kelly, Gene Tierney, Lana Turner, Rita Hayworth.
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mardi, 22 mai 2007
COUP DE COEUR MUSICAL (1) : VAN MORRISON
Van Morrison, assez méconnu du grand public actuel, à ne pas confondre avec son homonyme, le mythique Jim Morrison des Doors, oublié de certains ouvrages sur la musique rock (je pense notamment à "50 ans de musique rock" de Philippe Paraire ), est pourtant un grand, un très grand.
La première fois que je l'ai écouté, j'ai cru qu'il était noir. Quelle surprise en apprenant qu'il était irlandais. Quelle voix de Black dans un corps de Blanc !
Longue carrière veut naturellement dire beaucoup d'albums, trop sans doute. Mais on y découvrira toujours au moins quelques moments inspirés, voire de pure magie. On lui pardonnera alors sa personnalité pas toujours sympathique.
Je laisse le dernier mot au chanteur Bono de U2 : "Ce qu'il fait dépasse les limites de notre monde".

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dimanche, 20 mai 2007
SOURCES DE LA CONNAISSANCE MEDICALE DANS L'EGYPTE ANCIENNE
Les données sur l'état des connaissances médicales des égyptiens de l'Antiquité proviennent de quatre sources :
- Les papyrus dont le plus célèbre est celui qui porte le nom de son premier acquéreur Ebers
- Les ostraca, éclats de calcaire ou fragments de poterie sur lesquels un texte était inscrit ou un dessin était réalisé. Il en existe quelques-uns qui mentionnent des recettes pharmaceutiques (ordonnances ? aide-mémoire pour le médecin ?)
- Les momies dont l'examen, aidé aujourd'hui par les techniques médicales les plus modernes, est d'un apport irremplaçable pour l'étude des pathologies dont souffraient les égyptiens
- L'art égyptien : dessins, bas reliefs et statuettes représentant des individus présentant des affections.
PAPYRUS EBERS
MOMIE
BAS-RELIEF (sujet atteint de poliomyélite)
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mardi, 08 mai 2007
AKHENATON (Aménophis IV)
Lorsque l'on s'intéresse à l'Egyptologie, il est un Pharon qui très tôt attire. Il s'agit d'Akhénaton (XIVe siècle avant J.-C.)
- D'abord par les représentations que l'on a de lui. Sa morphologie très particulière ne laisse pas indifférent
- Ensuite par le bouleversement théologique qu'il engendre sous son règne, véritable révolution hérétique
REPRESENTATIONS DU PHARAON
Les représentations d'Akhénaton sont si étranges que les premiers voyageurs qui les virent crurent qu'il s'agissait d'une femme !
Ce Pharaon est représenté comme un homme jeune, longiligne, grand et à la morphologie gynoïde. Son visage a une mâchoire lourde, prognathe, des lèvres charnues, des pommettes saillantes, de grandes oreilles et des yeux allongés vers le haut. Son cou est long, ses épaules tombantes. Il a un abdomen saillant, des hanches larges, des cuisses grasses sans relief musculaire. Ses membres sont graciles, ses mains et ses pieds minces.
On s'est donc beaucoup interrogé, et celà continue, sur cet aspect tout à fait curieux.
De l'analyse des statues et des bas-reliefs le représentant, des médecins ont émis des hypothèses plus ou moins farfelues sur la pathologie dont Akhénaton aurait souffert. Sans entrer dans les détails, je citerai le syndrome de Marfan, la dystrophie adiposo-génitale ou syndrome de Babinski-Fröhlich, le syndrome de Klinfelter, la lipodystrophie de Baraquer-Simons et, enfin, l'acromégalie. Tout celà n'est que pures spéculations et seul l'examen médico-paléontologique de la momie aurait permis, peut-être de lever le voile. Or celle-ci n'a jamais été retrouvée.
Plus prudents certains égyptologues, ayant remarqué que d'autres personnages représentés à cette même époque présentaient des particularités morphologiques très proches, sinon identiques, ont émis l'hypothèse que celles-ci entraient dans le cadre d'un nouvel art, appelé art amarnien (du nom arabe Tell el-Amarna, nom de la ville où Akhénaton fit bâtir sa nouvelle capitale appelée de son vivant Akhétaton), sans aucune relation avec une quelconque pathologie.
Il parait impossible d'affirmer l'existence d'une maladie à partir d'une représentation artistique où se mêlent la convention, l'idéalisme, et une part de réalisme dont on ne peut apprécier l'importance.
REVOLUTION THEOLOGIQUE
Certains veulent encore, ou ont voulu considérer cette révolution (Aton seul Dieu, identifié au disque solaire) comme la première tentative de monothéisme.
- Première question : conviction personnelle du Pharaon ou stratagème pour réduire le pouvoir du clergé d'Amon, tout puissant ? Probablement les deux : une profonde croyance en ce Dieu, d'ailleurs présent depuis les temps les plus reculés sous le nom de Rê, le soleil, alimentée dès son jeune âge par son père Aménophis III qui l'avait déjà élevé au rang d'une divinité très importante. Mais également l'opportunité ainsi trouvée d'annihiler la puissance des hauts dignitaires religieux thébains.
- Deuxième question : première tentative de monothéisme dans l'histoire du monde avec en corrolaire une part dans le développement du monothéisme israélite ? Là encore on a tout lu et entendu sur le sujet. Dans "l'homme Moïse et la religion monothéiste", Sigmund Freud lui-même postula une filiation spirituelle directe entre Akhénaton et Moïse. La chronologie officielle de l'époque y invitait. Situant la jeunesse de Moïse au XIII ème siècle avant J.-C., Akénaton le précédait d'environ un siècle. Aton ne pouvait donc t-il pas être le prototype du Dieu d'Israël ? Selon Christian Cannuyer, Professeur à la faculté de Théologie de l'Université Catholique de Lille, le concept de monothéisme implique l'idée d'un Dieu unique et transcendant, entretenant avec les hommes un lien d'amour et personnel. Pour cet auteur la dimension "personnelle" de Dieu est indissociable de l'idée monothéiste. Aton est tout le contraire, Dieu "froid" qui ne s'exprime pas. En aucun cas il n'est un "je", une personne. Et si finalement, en allant au bout de cette démonstration, nous renversions l'hypothèse. Si Aton n'était pas un Dieu, mais simplement le soleil considéré comme le tout du tout, le principe, la source de l'Univers. Ne serait-on pas en fait devant la formulation du premier athéisme ?
Il y a donc un abîme entre le Dieu de l'Ancien Testament et celui d'Akhénaton. Toujours selon Christian Cannuyer, il faut résolument écarter l'idée d'une filiation quelconque entre le pseudomonothéisme amarnien et le monothéisme biblique. Par ailleurs le développement tardif de ce dernier (vers 750 av J.-C.), et qui n'a sans doute atteint son expression radicale qu'après l'exil à Babylone (VIe siècle av J.-C.) - époque où Akhénaton et Aton ont été complètement effacés des mémoires - est un argument très solide contre l'hypothèse popularisée par Freud.
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